Je m'apelle Cassidy, j'ai seize ans. Et je suis anorexique.
Ce matin, le médecin a dit à mes parents qu'il ne me « restait plus longtemps ». Alors, j'ai décidé d'écrire, oui, écrire pour plus qu'elle ne recommence. Qu'elle ne fasse plus de mal à personne, elle en a déjà bien trop fait.
____La « maladie » s'était installé doucement , sournoise et discrète. Ca a débuté par un régime banal, « plus de légumes, moins de gras ». Et puis, vint la période où je jettais de rapides coups d'oeils dans le mirroir, mon âme emplie de dégoût à la vue de ce que je représentais. Mon corps était devenu un boulet, difficile à trainer. Oui, j'étais comme ça. Pour le moment .
____Et « elle » évolua. Tout se multiplia par dix : les « pesées », comme je les apellais, les tours aux toilettes après le repas. Les rendez-vous je chez le psy, eux aussi, devinrent plus fréquents.
Et le temps passa. Je demeurais seule, je m' isolais peu à peu d'un quelconque bonheur envisagable. Mes « amis » disparaissaient un par un, ayant tous une excuse plus méprisable que celle du précédent. Mais puis-je vraiment leur en vouloir ? Mes parents eux, avaient abandonné depuis longtemps.
____Alors maintenant je suis seule, face à ma maladie ; regarde ce que tu as fais de moi, toi, loi de la minceur absolue. Tu m'as détruit. Tu m'as arraché à la vie. Je n'ai plus rien ni personne. Et au fond, c'est ça la solitude : s'envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours. Dans mon cas, elle ne se fit pas prier. Je devins vite très faible. Je ne savais plus voler, tu m'avais ôté mes ailes, et personne autour de moi ne voulu me préter les siennes.
Aujourd'hui mon âme s'est dissipée de mon être, elle est comme partie. Partie avec tous ces kilos que je pensais superflus, qu'on me disait superflus. Tu m'as enfermé dans une bulle à l'intérieur de laquelle je ne voulais pas entrer et dont je ne peux plus m'echapper. Je suis seule, telle une âme perdue dans un monde qui ne la connait plus. Moi non plus, je ne me reconnais plus. Mon corps est frelle, il semble si fragile.
Je sais que je ne verrais jamais le matin de mes dix-sept ans, mais je continue d'espérer.
Je voulais être belle et j'ai finalement oublié de vivre.
